Erinyes : Τισιφόνη



Ἀληκτώ avait ouvert la voie, et la traque avait été lancée. Il s’était échappé du Tartare, et avait disparu. Après des siècles de tourment et de rage nourrie à chaque coup de fouet, son empreinte affectera le monde qui sera pris d'une folie criminelle sans précédent.

Tous les médias en parlaient. Le taux de criminalité était en hausse à l’échelle mondiale, les conflits commençaient à s’étendre et la menace d’une Troisième Guerre Mondiale devenait de plus en plus tangible. Sa vengeance prenait forme, mais il savait que les Dieux ne permettraient pas qu'un autre bain de sang noie la Terre et qu'Ils enverraient leurs messagères et geôlières à sa poursuite.

Τισιφόνη tenait plus que tout à le capturer, lui qui avait échappé à sa vigilance réputée sans faille. Aucun captif du Tartare ne l'avait jamais humilié de la sorte. Sa Vengeance s'abattra sur lui pour l'éternité, elle en fit le serment.

En pénitence de sa faute, elle décida de se priver volontairement de la vue. Elle devait voir autrement que par ses seuls yeux qui lui avaient fait défaut dans le Tartare. Elle devait faire appel au divin en elle.

Τισιφόνη marcha longtemps, et trouva enfin le lieu. Un autel oublié de tous, simple curiosité minéral entouré d'arbres centenaires pour le commun des mortels. Elle avança à tâtons et parcouru les contours poreux de la pierre, et entreprit de l'escalader pieds nus. Arrivée au centre, Τισιφόνη commença le rituel.

Le vent faisait doucement onduler sa robe rouge sang, le bruissement des feuilles l'apaisait sans pour autant lui faire oublier son désir de Vengeance. Elle exécuta des figures compliquées avec son corps élancé, et fit preuve d'une souplesse et d'un équilibre hors du commun. Cela avait pour but d'ouvrir son esprit et de voir au-delà des sens. Elle entrevit la lumière d'une lanterne qui perça peu à peu les ténèbres de son être. La brume qui avait aveuglé ses sens depuis si longtemps se dissipait enfin. C'est alors qu'il l'entrevit.

Un sourire se dessinait sur son visage, et un fouet noir et luisant comme le goudron apparut dans sa main éthérée. Elle avança furtivement dans les limbes, et glissa tel un serpent. Il s'était caché dans le monde physique, mais pas spirituel. Ce fut-là son erreur.

Le fouet claqua, et frappa son âme. Une fissure apparu sur son dos, et il frissonna sans un bruit. Un autre mouvement prompt de Τισιφόνη fit enlacer le fouet autour du cou, qui se fissura aussi et laissa couler un liquide noir, preuve de la corruption et de la malveillance qui le caractérisait depuis toujours. Une âme blessée, aussi ancienne soit-elle, signifiait un corps blessé et pris au piège. La Vengeance prenait enfin place. Et Τισιφόνη avait vengé son honneur. Mais cela ne suffisait pas.

La traque devait s'achever dans le sang du coupable, un sang qui coulerait des mains de la Haine.

Des mains de Μέγαιρα.

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